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7° Festival « L’Estacade » à Sainte-Adresse- du 6 au 8 février

Pour la septième fois cette année, du vendredi 6 au dimanche 8 février, la ville de Sainte-Adresse accueille le Festival L’Estacade, à l’Espace Sarah Bernhardt.

Catherine Taconet a rencontré, pour l’AFV, l’un des deux musiciens programmateurs de ce Festival, Gauthier Herrmann, qui, avec Xavier Le Roux, choisit contenus et interprètes pour cinq concerts présentés.

Comme on le voit sur son site https://gauthierherrmann.com et comme il le confirme dans cet entretien, Gauthier Herrmann est violoncelliste, voyageur, volontiers blagueur, producteur d’évènements musicaux ; sportif, créatif, il a le sens de la famille et le souci de faire partager au plus grand nombre ses coups de cœur musicaux.

Ses premiers festivals, il les a créés en Inde, il avait à peine vingt ans. Depuis, il en anime d’autres à l’étranger et en France, dans le Nord (Croix), en Bourgogne (Les Nuits de Macon et Musique au Chambertin) et ici dans ce coin de Normandie où il est né.

  • Pourquoi Sainte-Adresse ?

L’ADN du Festival c’est Sainte-Adresse, mais plutôt que séparée de la ville du Havre (d’où vient une grande partie de notre public) je la perçois comme son prolongement au bord de la mer !

Il nous est arrivé d’y jouer aussi, en particulier le 15 juillet dernier, pour un grand concert à l’église Saint-Joseph à l’occasion des 20 ans de l’inscription du Havre à l’UNESCO, il y a eu 800 personnes.

Je suis né au Havre, j’y ai vécu les 16 premières années de ma vie, j’y ai été élève au Conservatoire d’une prof extraordinaire, Nicole Dhainaut, qui, quand j’avais 15 ans, m’a présenté au grand violoncelliste Roland Pidoux. C’est pour aller étudier avec lui que je suis parti à Paris.

J’ai un fort attachement à cette ville où j’ai gardé pas mal de copains d’enfance qui ne sont pas du tout dans le milieu artistique.

C’est Xavier Le Roux, pianiste co-programmateur avec moi de l’Estacade, professeur au Conservatoire du Havre, qui m’a proposé de monter ensemble ce festival après un concert que nous avons donné en duo à l’Espace Sarah Bernhardt.

L’Espace Sarah Bernhardt est devenu à présent notre lieu unique pour les cinq concerts en trois jours.

Ce premier week-end de février est très dense et fatigant, pour les artistes comme pour les bénévoles, et c’est vraiment chouette d’avoir un lieu de concert qui est aussi lieu de vie, où on peut se retrouver pour déjeuner, se reposer, travailler…

Dans la belle salle, il y a 380 places assises, ce qui fait qu’on arrive à faire plus de 1500 personnes sur les cinq jours. Ce qui est formidable, surtout pour un festival en période d’hiver.

Le Flot Musical est une association qui s’est montée exprès en 2017 pour développer la possibilité de notre projet d’un festival de musique classique qui existe indépendamment du festival jazz Dixie Daysqui existait déjà à Sainte-Adresse, puisqu’il a été créé par Martine Lajarige et Jean-Paul Bravard il y a 20 ans. La ville de Sainte Adresse soutient largement ces moments musicaux.

Xavier et moi faisons une proposition de programme qui est toujours soumise au bureau.

Ils nous font confiance artistiquement, mais quand ils ont un doute sur l’accessibilité ou sur un élément de programme, nous en débattons. Leurs arguments motivés nous amènent parfois à modifier les contenus. Il est important que tous ceux qui œuvrent pour le Festival soient vraiment convaincus que ça va marcher pour que tout le monde se retrousse les manches.

Nous, on a la partie un peu facile, décider qui on invite et jouer.

En revanche, aller faire la com’, impliquer des gens, trouver des sponsors, ils font un travail incroyable, vraiment !

L’important étant que tout le monde qui participe se sente bien, se sente écouté.

  • Pouvez-vous nous parler du programme de cette année ?

Comme chaque année il y a cinq concerts en trois jours avec cinq formats différents pour faire venir un public qui n’est pas forcément habitué des salles de concert de musique classsique.

On commence, le vendredi soir, par un concert spectacle tout public avec une thématique forte. Cette année, c’est Le tour du monde en 80 minutes.

Le samedi après-midi, il y a un spectacle destiné aux enfants. Cette fois c’est l’histoire merveilleuse d’un petit oiseau conçue par le comédien Yanovski qui est un conteur extraordinaire. Il est déjà venu à l’Estacade.

Le samedi soir, le concert s’appelle Aimez-vous … ? Après Schubert, Beethoven … et Chopin l’année dernière c’est cette fois Aimez-vous Piazzolla ? Il s’agit de faire mieux connaître un musicien, non seulement en jouant certaines de ses œuvres mais en écoutant la musicologue, Camille Villanove, qui donne des clés d’écoute pour ces œuvres en évoquant l’histoire et l’univers uniques de ce musicien.

L’idée de Piazzolla vient de moi, parce qu’avec Yanovski justement, nous avons un spectacle qui s’appelle Paris-Buenos Aires, où on joue beaucoup d’airs de ce musicien argentin et d’autres compositeurs de tango de ce pays.

Camille replace Ástor Piazzolla dans le contexte de ses années d’études à Paris dans les années 50. En classe de composition avec Nadia Boulanger, il a essayé de composer vraiment dans un style très classique. Elle lui a dit : « Non, cest pas toi ça, tu n’es pas un descendant de Beethoven. Toi ton instrument ce n’est pas le piano, c’est l’accordéon, c’est le bandonéon et il faut que tu en joues » Elle l’a donc vraiment poussé vers ce qu’il est devenu, le plus grand compositeur de tango.

Il a aussi laissé des traces dans la musique. L’accordéon a toujours été un instrument hyper important dans la chanson française au début du XXème siècle, il lui a apporté d’autres couleurs.

Il s’est inspiré, mais aussi, a été une source d’inspiration.

Le dimanche, le dernier jour, il y a le matin un concert qui change chaque année de nom, mais qui s’appelle soit Bulle, soit Détente, le programme de ce concert-là n’est jamais annoncé. Il se décide en fonction de l’ambiance, de l’humeur … Cette année, ce sera le concert familial que l’on appelle : « Dans la famille Herrmann, je voudrais … »

Sur scène donc il y aura les 4 Herrmann : Mathilde, ma femme, violoniste, nos deux filles, Augustine – violon et chant, Indiya – piano et chant, et moi au violoncelle. A ce quatuor, on rajoute deux musiciens : la marraine, une chanteuse d’opéra extraordinaire et son mari pianiste.

Au départ, c’était le pianiste qui présentait le concert, maintenant ce sont les filles qui appellent sur scène : papa, maman, la marraine, le marin…

Évidemment, nos filles progressent de jour en jour. Elles baignent dans la musique, ont de très bons profs au Conservatoire près de chez nous. Elles ont déjà une belle habitude de la musique de chambre et savent tenir une scène. En revanche, ça reste détendu, il n’y a pas de volonté d’en faire des vedettes de cirque !

On termine, le dimanche, par le grand concert, avec un programme volontairement plus long, et un peu plus, disons, traditionnel. Il est toujours plein. Beau programme et créneau horaire favorable.  https://www.billetweb.fr/festivalestacade

  • Produire un Festival, c’est un sacré travail ?

C’est vrai qu’en tant qu’instrumentiste, on met en général la musique en premier et on ne connaît pas grand-chose sur le fonctionnement de tout ça. Pour moi ne faire que jouer dans un orchestre, ça n’aurait pas collé à ma personnalité. Et plutôt que d’attendre qu’on m’appelle au téléphone pour me proposer un concert, j’ai vite compris que je pouvais décider, choisir, lieux, musiques, interprètes apprendre comment ça marche. Partager et faire découvrir tout ça ! Programmer des Festivals et des évènements partout en France et dans différents coins du monde, c’est un gros boulot, mais aussi une grande liberté et une belle vie !

Propos recueillis par Catherine Taconet

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