Marc Coppey, Matteo Goffriller, 1711

 

Je dois aux études de Popper une part considérable de  l'exploration  des possibilités du violoncelle. Elles ne m'ont guère quitté depuis que je les ai découvertes lorsque j'avais onze ans.

Elles sont rares car elles abordent tous les points imaginables et souvent forts difficiles qu'un violoncelliste moderne se doit de maîtriser, mais avec une sorte de douceur, comme si Popper nous prenait par la main pour nous convaincre que nous allons parvenir à dominer notre instrument si nous le suivons dans l'exploration bien souvent ludique qu'il nous propose. En vrai pédagogue, il fait en sorte que les plus grandes difficultés ne soient jamais rebutantes.

Homme de culture autant que virtuose, manifestement marqué par les exemples de Chopin, Liszt, Brahms ou Wagner plutôt que Paganini, la relation qu'il nous aide à construire avec le violoncelle est celle d'une harmonie jamais brisée par la difficulté, qui se joue de l'inertie de l'instrument et des raideurs de l'interprète pour ouvrir un chemin de liberté et d'épanouissement.

 

Étude no 21: Typique du Popper expressif, doucement mélancolique, elle nécessite une qualité sonore et un legato sans faille malgré les difficultés de main gauche, la longueur des archets et les nombreux changements de cordes, une maîtrise de l'intonation défiée par les nombreux déplacements et substitutions, une égalité de jeu dans tous les registres sur plus de cinq octaves.

 

Étude no 36:

D'un caractère énergique et ludique, dans l'esprit espiègle du romantisme allemand, elle exige une vive articulation de main gauche, un contrôle des nombreux enchaînements cordes à vide-notes appuyées et un archet qui se joue des changements constants de placement dus aux rapides contrastes entre groupes legato et staccato, masquant toute différence de force entre "tiré" et "poussé".